Beaucoup de dirigeants disent « je n’ai pas le temps de déléguer », alors que déléguer est justement ce qui libère du temps. Derrière cette idée reçue se cache souvent une croyance limitante : celle que “personne ne fera aussi bien que moi”. Pourtant, apprendre à déléguer est une compétence clé pour diriger avec sérénité et efficacité.
Pourquoi les dirigeants ont du mal à déléguer
Il est courant que les chefs d’entreprise, surtout dans les petites structures, hésitent à confier certaines responsabilités. Les freins sont multiples :
La peur de perdre le contrôle : déléguer est parfois perçu comme un risque pour la qualité ou les délais.
Le manque de confiance dans les collaborateurs : certains dirigeants estiment que leur équipe n’a pas encore le niveau nécessaire.
Le temps d’explication jugé trop lourd : former, briefer et suivre semble plus long que “faire soi-même”.
Le syndrome du “super-dirigeant” : beaucoup pensent que leur valeur réside dans le fait d’être partout à la fois.
👉 En réalité, ces freins empêchent le dirigeant de se concentrer sur son rôle stratégique et épuisent son énergie.
Identifier les tâches à forte valeur ajoutée (et celles à déléguer)
Tout ne peut pas être délégué. L’astuce consiste à distinguer :
Les tâches à forte valeur ajoutée : fixer une vision, piloter la stratégie, prendre des décisions clés, rencontrer des partenaires… Ce sont les missions non délégables qui font avancer l’entreprise.
Les tâches récurrentes ou techniques : reporting, suivi administratif, gestion logistique, préparation de documents, certains aspects de la prospection commerciale…
Les tâches qui développent les compétences des collaborateurs : un bon dirigeant fait grandir son équipe en lui confiant des missions qui sortent un peu de la routine.
💡 Astuce pratique : fais la liste de tes activités pendant une semaine. À côté de chaque tâche, note : “stratégique” ou “opérationnelle”. Tu verras rapidement ce que tu peux transmettre.
Les règles d’or d’une délégation réussie
Déléguer ne veut pas dire “se débarrasser” d’une tâche. C’est un acte de management qui demande méthode :
Clarifier le résultat attendu : expliquer le quoi (objectif) mais laisser une marge sur le comment.
Adapter la délégation au niveau de compétence : donner plus ou moins de cadre selon l’expérience de la personne.
Donner les moyens : documents, outils, temps suffisant pour bien réaliser la mission.
Fixer un délai clair : éviter le flou, source de stress ou d’oublis.
Encourager et valoriser : reconnaître l’effort et les réussites motive l’équipe et renforce la confiance.
Suivi sans micro-management : instaurer la confiance
Une erreur fréquente est de déléguer… puis de vérifier chaque détail, ce qui génère frustration et perte de temps.
Mets en place des points de suivi réguliers mais courts (10-15 minutes).
Pose des questions ouvertes : “Comment avances-tu ?”, plutôt que “Tu as fait ça comme ci ?”.
Encourage les collaborateurs à proposer des solutions plutôt que d’attendre ton feu vert permanent.
👉 L’idée est de rester disponible en soutien, sans tomber dans le contrôle permanent.
Exemple pratique : mise en place d’un tableau de suivi simple
Un outil visuel peut grandement faciliter la délégation. Pas besoin d’un logiciel complexe :
Tableau partagé (Excel, Google Sheets, Notion, Trello, etc.)
Colonnes simples : Tâche – Responsable – Deadline – Statut – Commentaires
Réunion flash hebdo : mise à jour rapide, chacun rend compte de l’avancée
Cet outil permet :
D’avoir une vision claire des responsabilités
De suivre sans harceler l’équipe
De responsabiliser les collaborateurs (c’est eux qui mettent à jour le statut)
Conclusion
Apprendre à déléguer est une étape incontournable pour tout dirigeant qui veut développer son entreprise sans s’épuiser. Ce n’est pas une perte de contrôle, c’est au contraire un levier de performance, de confiance et de croissance.
Déléguer, c’est accepter de sortir du “tout faire soi-même” pour endosser pleinement son rôle de capitaine : fixer le cap et permettre à l’équipage d’avancer ensemble.